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Ces exploits de skieur s'entendirent jusqu'à Paris et traversèrent les frontières. C'est ainsi que pour la première fois un skieur français fut invité par le Roi de Norvège en personne à venir se frotter aux Scandinaves lors des mythiques épreuves d'Holmenkollen. Le gouvernement français soutiendra son Champion et Alfred COUTTET sera accompagné pour l'occasion par toute une délégation officielle emmenée par l'Ambassadeur de France.
Contre les 60 meilleurs Scandinaves notre CHAMPION réalisera l'exploit inouï de terminer 11ème au Concourt de Saut sur le célèbre tremplin d'Hollmenkollen !
1910 • Cette année là, COUTTET CHAMPION s'octroie les premières places du classement national et du classement international de saut qui ont lieu à Eaux-Bonnes, Gourette et Cauterets du 21 au 30 janvier. Hélas, cela ne fut pas suffisant pour conserver le titre, ses résultats en fond étant mitigés.
1911 • Je n'ai trouvé aucune information sur cette année.
1912 • Cette année, Alfred est sous les drapeaux. Les concours de ski se font par équipes et interarmées. Ce sont les courses de patrouille avec armes, chargement et vivres sur le dos. Promu au grade de Caporal, il court aux côtés du Lieutenant Ance et des chasseurs Mangard et Belin dans l'équipe du 11ème B.C.A. Et c'est son équipe qui remporte la compétition pour les équipes françaises en 4 h 42'34" alors que la première équipe suédoise sans armes, ni chargement a mis 4 h 13'32". Autrement dit, la concurrence fut écrasée littéralement.
1913 • Gérardmer du 1er au 4 février • COUTTET CHAMPION reprend son titre.
1914 • Pontrésina en Suisse - 17 et 18 janvier • Pour la première fois une équipe française est envoyée au Concours annuel de l'Association Suisse des Clubs de Ski. L'équipe de France comprennait les jurassiens Vandelle et Vuillet, le parisien Jacques Weiss pour le saut uniquement et bien sûr le champion Alfred COUTTET. Celui-ci termina au pied du podium alors que Vuillet se classait 8ème et Vandelle terminait 17ème pour cause de bâtons cassés aux 2/3 du parcours. Quant à Weiss, il réussit un superbe saut de 31 m, le meilleur saut du concours ayant été de 33 m.
Cette année là, le VIIIème Concours International de Ski devait avoir lieu à Briançon-Montgenèvre du 6 au 9 février mais l'absence de neige fit ajourné la compétition. C'est alors que Chamonix, bien enneigé, s'offrit spontanément pour organiser le Championnat de France qui fut réduit à deux épreuves auxquelles devaient obligatoirement prendre part tous les concurrents. La date fut fixée au 24 février, épreuve de fond le matin, saut l'après-midi. Alfred COUTTET se placera 5ème de l'épreuve de saut malgré une blessure.
A l'issue de la saison des compétitions, COUTTET CHAMPION termine 1er du classement général des épreuves de fond et ses résultats en saut sont excellents, le voilà une fois encore Champion…
juste avant que la grande guerre (14/18) ne l’oblige bien malgré lui à renoncer à sa carrière de skieur de haut niveau.
1924 • Retour du Champion. Le Concours annuel eut lieu à Briançont les 16 et 17 janvier et servit d'éliminatoire aux Premiers Jeux Olympiques d'Hiver de Chamonix. Alfred COUTTET qui n’a pas quitté le monde du ski, participe à cette épreuve. Gilbert Ravanel, Payot, Kleber Balmat, Vandelle et COUTTET CHAMPION prirent les premières places du fond et du saut. Chamonix sera la première ville organisatrice des Jeux d'hiver. Soutenue par un temps des plus favorables, l'organisation fut parfaite. Il fallait à la France un entraîneur pour ses skieurs, c'est Alfred COUTTET qui sera nommé Capitaine de l’Equipe de France de Ski. On le sollicitera également en lui demandant de mettre son expérience au profit de l'organisation des Jeux. C'est ainsi qu'il prendra part à la conception du premier tremplin Olympiques construit au Mont en dessinant la courbe de la piste d'élan. Pour ces tout Premiers jeux, six sports sont au programme Olympique : le hockey sur glace, le patinage de vitesse, le patinage artistique, le curling, le bobsleigh et bien sûr le ski, où seules les disciplines nordiques masculines sont proposées. Une solide équipe de skieurs à forte coloration chamoniarde a l'honneur de défendre les couleurs tricolores dans les 5 épreuves de l'époque : le grand fond (50 km), le fond (18 km), le saut, la course combinée (saut + fond), et la course militaire par équipe de 4 (30 km). Cette dernière discipline Olympique fut en quelque sorte l'ancêtre de l'actuelle épreuve de Biathlon.
Alfred COUTTET a donc en charge l'entraînement de ces sauteurs et fondeurs de la première heure. Mais les vaillands pionniers arrivent plutôt en petite forme à l'heure H. Le Capitaine explique : "Je n'ai pu vérifier si j'avais été un entraîneur efficace, car ayant été logés dans une caserne où un bataillon entier avait été décimé par la grippe, les coureurs français se présentèrent au départ de la course de fond, toussant, crachant, le mouchoir à la main. Ils étaient dans un si triste état qu'ils ne firent rien de bon." Les meilleures places des Français seront réalisées :
- en Grand Fond par Pouteil-Noble, 15ème à 1h14 du vainqueur Thorleig Haug, Norvégien.
- en Fond par Gilbert Ravanel, 21ème. Vainqueur Thorleig Haug.
- en Saut par Klébert Balmat, 15ème avec des saut à 36 et 39 m contre 2 sauts à 49 m réalisé par le vainqueur Jacob Thams, Norvégien.
- en Combiné par Kléber Balmat qui obtint une belle 10ème place derrière Thorleig Haug, vainqueur pour la troisième fois et incontestablement star de ces Premiers Jeux d'Hiver.
- et enfin en Course Militaire, le Capitaine Mandrillon et ses coéquipiers, Berthet, Mandrillon et Vandelle monteront sur la troisième marche du premier podium Olympique de l'histoire du Ski Français.
1973 • Je n'ai pas 10 ans et mon grand-père, COUTTET CHAMPION prend une fois encore le départ d’une course de ski. C’est un slalom géant, parmi les concurrents, il y a James COUTTET son élève de la première heure, Champion du Monde de vitesse à 16 ans et Médaillé d'Argent aux jeux Olympiques de 1948 à Saint-Moritz.
COUTTET CHAMPION finit 1er et seul concurrent de la catégorie 80-84 ans : il a 84 ans !
Et s'il n'a pas de concurrents directs au vue de son âge, son temps est loin d’être ridicule puisqu’il devance des concurrents bien plus jeunes !
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