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Mais sa vocation de pédagogue s'arrêtera pas là. En effet, en 1932, il rédige et édite à compte d'auteur l'un des tous premiers manuels pédagogiques de Ski. Et si la technique du Ski à largement évoluée, des pans entiers de son "Petit Manuel Pratique de Ski" sont encore d'actualité aujourd'hui, puisqu'il y explique les bases technique du sport qui lui valu sa renommée et son surnom de CHAMPION.
Des Alpes orientales, il a rapporté l’idée d’aménager, dans la Vallée de Chamonix, une paroie de rocher qui puisse servir d’Ecole d’Escalade. Il se mit donc à chercher une paroie comportant suffisamment de voies de toutes difficultées et d'accès facile pour pouvoir s'y entrainer à volonter et y enseigner. C'est ainsi qu'il découvrit le site de l'actuel Rocher des Gaillands. Aussi dès 1928, aider de quelques amis guides (André Clérico, Camille Couttet, Marcel Bozon,…), il entreprend de nettoyer cette falaise afin de la rendre propice à l'enseignement de l'escalade. Après avoir équiper les premières voies, il y fonde l'Ecole d’Escalade des Gaillands. Sur cette paroie désormais célèbre se déroule, chaque année au 15 Août, la traditionnelle Fête des Guides. Elle est devenue l'Ecole d’Escalade de Chamonix et depuis la création de l’Ecole Nationale d’Alpinisme elle est même devenue le passage obligé aux examens de Guides de Haute Montagne.
Très vite Alfred COUTTET avait compris qu'une bonne technique et qu'un entrainement rigoureux et régulier étaient les clefs de la réussite, cette école allait permettre à toutes les nouvelles générations de grimpeurs de mettre en pratique les principes de ce génial pédagogue.
Au Rocher des Gaillands, sur lequel chaque été en vacance chez mon grand-père, j'usais mes chaussures et marchais dans ses pas, il enseigna l'Art de la "grimpe" aux plus jeunes et y prépara ses clients en vue des courses difficiles. Sa vocation pédagogique lui offrit un tout autre état d'esprit que celui de la conquète pour la gloire et la satisfaction personnelle. Cherchez le guide, le professeur n'est jamais très loin derrière. Son rôle, il le sait, c'est, avant tout enseignement technique, l'enseignement de la Montagne, de ses règles et de l'humilité. C'est ainsi qu'il mettra un point d'honneur à réaliser toutes ses premières avec ses clients. C'est peux-être pour cela que son carnet de premières et moins remplis que d'autres, mais elles en sont toutes d'autant plus belles. Car le véritable défi était de savoir quel client emmener pour telle ou telle course, savoir évaluer les capacités de résistance et le niveau technique de ceux-ci afin de réussir l'exploit et de ramener toute la cordée saine et sauve. Ce ne fut pas le cas de tous les guides de la vallée, emportés parfois par leur trop grande soif de gloire. "Ces hauteurs effilées semblent narguer la conquérante audace des guides qui ont juré de s'assujettir tout ce que la nature a imaginé de plus risqué et de plus froidement mortel", disait-il.
C'est toujours avec à l'esprit le fait que le guide est, tel que son nom l'indique, un initiateur, un professeur, celui qui montre la voie, qu'Alfred COUTTET, qui adorait la nature et son métier emmenait ses clients en Montagne. Il avait ainsi la capacité de leur faire remporter l'une des plus belle victoire, celle que l'on remporte sur soi-même lorsque l'on réussit une belle course en Montagne ou lorsque la Sagesse appelle au renoncement d'une telle course. Avec une telle lucidité, Alfred COUTTET s'était fait une telle réputation qu'il avait l'une des plus nombreuses et des plus belles clientèles qu'un guide puisse rêver.
"Un guide est un homme qui se porte bien physiquement et moralement.
Sur le premier point, sa virtuosité doit pouvoir s'affirmer dans les escalades. C'est de l'acrobatie, sans doute, mais c'est une méthode qui permet de se tirer de beaucoup de mauvais pas… Certes le grimpeur qui s'élance pour la première fois à l'assaut d'un sommet fameux est pénétré, soutenu, galvanisé par l'émotion, la joie, l'espérance et la fierté. Mais l'aide et le conseiller vigilant, prudent, infatiguable, secourable à qui vous avez confié votre sécurité entreprend une besogne que vous jugeriez ingrate si vous deviez l'assumer. Il se charge moralement de votre vie et il doit soutenir sa réputation. Il faut qu'il rende agréable et charmante la journée qui vient, moin difficile celle qui suivra, très douces les heures où vous vous remémorerez votre exploit. Le guide alpin est l'ami de la Montagne, et il est votre ami : il assure la liaison entre elle est vous et il voudrait tant faire signer entre la blanche étendue et son nouveau conquérant le contrat de l'admiration et de l'attachement !"
On mesure mieux maintenant que ses idées sont devenues les bases mêmes de la Technique Alpine, Ski et Alpinisme confondus, et combien ce précurseur était inspiré et ses visions Humanistes. Et je sais aujourd'hui, que les millions d'apprentis skieurs de tous âges qui se sont succéder et se succéderont dans les Ecoles de Ski, ainsi que tous les aspirants guides qui sont passés, passent ou passeront par le Rocher des Gaillands sont tous un peu "ses ami(e)s et ses enfants".
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